Info capsules

Introduction

En complément de chacun des circuits-familles, «Passeurs de mémoire » propose des capsules d'info gratuites.

Origines

Le parcours de Pierre Girard laisse plusieurs zones ombragées.  Pierre Girard, aussi appelé Guibert, Girard ou Girart ou encore Girard dit Guibert, serait né en Charente-Maritime à La-Roche-sur-Yon ou à Les-Sables-d’Olonne ou à Luçon selon les sources. Le moment et le lieu de son premier mariage de même que la date de son arrivée en Nouvelle-France ne sont pas confirmés.

En Nouvelle-France

Pierre Girard serait arrivé dans la colonie entre 1661 et 1669. Certains documents pointent vers une arrivée hâtive dans cet intervalle, mais la question de l’identité laisse planer un doute. Pierre épouse la veuve Suzanne Lavoie (de Lavoye) à l’été 1669. Suzanne décède en juillet 1687 à l’âge de 37 ans et Pierre se remarie avec la veuve Élisabeth Lequin à Québec, en avril 1688.

Marinier

Pierre est marinier, marin pêcheur, négociant et marchand. En septembre 1682, il est identifié comme « maistre de la Barque nommée Le Samuil [sic] » servant entre Québec et Tadoussac à transporter des marchandises de traite en un sens et des fourrures dans l’autre. Avec de nombreux petits bateaux qui vont et viennent, la carte que vous voyez illustre bien l’importance de la navigation au quotidien à cette époque.

Le marinier pilote un bateau fluvial. En Europe, le marinier vit généralement à bord, dans un espace restreint, pour pouvoir transporter le plus de marchandises possible. Dans la colonie, il arrive que le marinier passe une nuit à bord, mais le plus souvent, selon les marées, il dort au sec.

En France, le grand patron des mariniers est Saint Nicolas. Mais on trouve aussi dans les différentes régions des cultes à de nombreux autres saints. En Nouvelle-France, c’est plutôt le pilotage qui est nécessaire sur le fleuve Saint-Laurent. Quant aux voies fluviales intérieures, elles ne se développent pas avant l’ère industrielle puisque les canots sont bien adaptés à nos rivières. Il y a quand même une circulation de barques de marchandises sur le fleuve, les Grands Lacs et certains de leurs affluents navigables.

Ce métier, apparu avec la navigation sur les rivières, évolue avec l’apparition des canaux en France de sorte que des familles entières doivent désormais vivre à bord du bateau. Pendant plusieurs siècles, à cause du rôle qu’il joue dans l’approvisionnement en marchandises et dans le transport des voyageurs, le nombre de mariniers est important. Le développement des transports modernes marginalise le transport fluvial, plus lent.

Suzanne Lavoie

Suzanne Lavoie est baptisée le 29 mai 1650 en banlieue de La Rochelle, à Aytré dans l’église Saint-Étienne. Elle est la fille de Pierre Lavoie et de Jacquette Grignon et la sœur de Marie Lavoie qui épouse Pierre Grenon. Suzanne arrive en Nouvelle-France en 1666 avec sa famille. La même année, elle contracte à Québec un premier mariage avec le cordonnier Jean Tesson, fils de Barthelemy et Marie Dusein. 

Bien que plusieurs sources indiquent que la veuve Suzanne Lavoie et Pierre Girard signent un contrat de mariage en mars 1669 à La Rochelle, tout porte à croire que le mariage a eu lieu à Québec. L’acte est mentionné dans l’inventaire des biens réalisé en juin 1700 au décès de la seconde épouse de Pierre par le notaire François Genaple. Cet inventaire précise que le contrat de mariage se signe en août 1669 devant le notaire Gilles Rageot. Suzanne décède en 1687 en laissant à Pierre la responsabilité de plusieurs enfants en bas âge.

Élisabeth Lequin

Pierre, 47 ans, se remarie à Neuville le 26 avril 1688 avec la veuve Élisabeth Lequin. Née à Paris vers 1648, Élisabeth est la fille de Catherine Boldieu et de Pierre Lequin. Arrivée en Nouvelle-France en 1667, comme Fille du roi, elle épouse, en 1668, Jean Gagneur Laframboise, soldat de la compagnie de Monteil. Deux enfants naissent de cette union et décèdent en bas âge. 

Devenue veuve, elle épouse, en 1671 à Québec, le tapissier Étienne Léveillé, fils de François Léveillé et d’Alizon Vivier, originaires de Rouen. Étienne décède en 1687 à Neuville et elle se retrouve seule avec quatre enfants âgés de 7 à 14 ans. Aucun enfant ne naît de l’union d’Élizabeth et Pierre Girard.

Filles du roi

Élisabeth Lequin arrive en Nouvelle-France, en provenance de Dieppe, en 1667, en compagnie d’autres Filles du roi. À cette époque, le roi favorise la migration de femmes dans le but de peupler la colonie. L’habillement et les frais de la traversée sont alors pris en charge par le roi. Entre 1667 et 1672, notons que chacune d’elles reçoit une dot royale d’au moins 50 livres tournois. Certaines reçoivent une dot plus importante, 100 ou 200 livres, et parfois, en raison de la pénurie de monnaie, le roi leur donne des denrées provenant des magasins du roi de la colonie. 

L’arrivée des Filles du roi est un événement désigné au registre du patrimoine culturel du Québec. On y lit : « Pendant dix ans, elles sont entre 764 et 1 000 à profiter de cette initiative royale et à s’installer dans la colonie. Le taux de natalité en Nouvelle-France atteint alors les 63 naissances par 1 000 habitants. Conséquemment, les Filles du roi ont largement contribué à faire doubler la population coloniale de 1666 à 1672. 

Descendants

Les enfants de Pierre Girard sont issus de son mariage avec Suzanne Lavoie. Six de leurs huit enfants, trois filles et trois fils, se marient.  Parmi eux, l’aîné, François, épouse Antoinette Lemay et le couple vit à Trois-Rivières. Pierre épouse Catherine Huard et s’établit à Saint-Augustin-de-Desmaures et le benjamin, Pierre-Louis, épouse Rosalie Tremblay et la rejoint dans Charlevoix. 

Parmi les filles, Madeleine épouse Daniel de Nevers et ils habitent Sainte-Croix, sur la rive sud pratiquement en face de Neuville. Jeanne épouse Pierre Léveillé, fils du deuxième mariage de sa belle-mère, Élisabeth Lequin ; ce couple s’établit près de Donnacona. Finalement, Françoise épouse Noël Berthiaume à Saint-Augustin-de-Desmaures. 

Décès

Suzanne Lavoie est inhumée à Neuville, la Pointe-aux-Trembles de Québec, le 24 juillet 1687. La deuxième épouse de Pierre, Élisabeth Lequin, décède à l’âge de 52 ans, le 12 février 1700 à Neuville. La date du décès de Pierre Girard serait après août 1713. En août 1710, il est présent au mariage de son fils Pierre. En avril 1711, il semble absent du mariage de son fils Pierre-Louis, mais en décembre 1711 il obtient une concession dans la seigneurie de Maur. Enfin, en août 1713, il vend une partie de cette terre.

Pierre-Louis Girard en Charlevoix

Pierre-Louis, fils cadet de Suzanne Lavoie et de Pierre Girard, naît à Neuville le 10 juin 1686, soit un an avant le décès de sa mère. Son établissement dans Charlevoix crée une descendance qui essaime non seulement dans toute la région, mais aussi au Saguenay et au Lac-Saint-Jean lorsque ces régions ouvrent à la colonisation après 1838, et au-delà.

Le 21 avril 1711 à Baie-Saint-Paul, Pierre-Louis épouse Rosalie Tremblay, fille aînée de Marie Roussin et de Pierre Tremblay, fils qui vient d’acquérir la seigneurie des Éboulements. Rosalie décède le 27 août 1711, soit quatre mois après son mariage. Selon certaines sources, en 1705, elle aurait annulé des plans de mariage avec Joseph Harnois, fils d’Isaac et de Marguerite Blaise.

Le 10 avril 1714 à L’Ange-Gardien, Pierre-Louis se remarie avec Marguerite Tardif, fille de Marguerite Godin et de Guillaume Tardif et petite-fille du commis général de la Compagnie des Cent-Associés Olivier Letardif et de Barbe Émard.

Les grands-parents maternels de Marguerite sont Charles Godin (vers 1630-) et Marie Boucher (1644-1730). Le père de Marie Boucher, le pionnier percheron Marin Boucher-Pitoche (vers 1587-1671), exerce le métier de maçon quand il est embauché en 1634 par Robert Giffard et Noël Juchereau pour se rendre en Nouvelle-France avec sa femme et leurs deux jeunes fils. 

Marguerite décède aux Éboulements, à l’âge de 68 ans, le 4 mars 1760. Pierre-Louis décède à l’âge de 82 ans, aux Éboulements   le 31 mai 1769. 

Olivier Letardif

Instituteur, Olivier Letardif est un des truchements, interprète, de Champlain. À ce titre, il assure la traduction dans les rencontres avec les Autochtones. Il connaît plusieurs langues autochtones tels le huron, l’abénaquis et le montagnais. En 1646, il achète la part de François Derré dans la seigneurie de la Côte-de-Beaupré et devient un des huit coseigneurs dont le rôle est d’être juge-prévôt de la seigneurie. Il revend sa part de la seigneurie à Aubert de la Chesnaye en 1662. Il devient aussi commis général de la Compagnie des Cent-Associés, il fonde Château-Richer et est coseigneur de l’île d’Orléans.